Conférence

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Conférence

Message  Pauline DREUX le Mar 10 Mar - 15:58

Monsieur Joel BLANCHARD fera une conférence jeudi 12 mars de 16 h à 17 h sur "Philippe de Commynes et l'Europe" dans l'amphi d'Estournelle de Constant.

Pauline DREUX
Petit parleur

Nombre de messages: 46
Age: 22
année du cycle :: 3eme année
Bonbon préféré ?: sucette
Date d'inscription: 03/10/2008

Voir le profil de l'utilisateur http://pauline.dreux@laposte.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conférence

Message  Jeff le Mar 10 Mar - 17:23

On a pas à critiquer les horaires en soit, mais franchement le pauvre Jojo, faut pas se leurrer, tout le monde aura UEL quasiment le jeudi de 16 à 18h. Comme toujours, les choses les plus intéressantes sont les moins accessibles. encore si ça concernait deux trois péquenots ok, mais là franchement c'est toute la fac sauf les masters et les équivalences obtenues qui ont cours... A croire que les mecs de la scola sont même pas au courant. Ne nous étonnons de rien, on est au Mans!

_________________


"Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait."
Michel Audiard

Jeff
Petit parleur

Nombre de messages: 11
Age: 21
année du cycle :: L3
Bonbon préféré ?: Gros Schtroumpfs
Date d'inscription: 05/10/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Conférence

Message  Kitty le Dim 29 Mar - 18:38

Bonjour tout le monde,
Désolée pour le retard: j'ai mis du temps à taper mon compte-rendu.
Pleure pas, Jeff, tu vas avoir droit à la conférence de Monsieur Blanchard presque comme si tu y étais! Razz Avec en prime le compte-rendu de deux autres interventions, de professeur d'histoire, certes, mais c'est intéressant quand même! farao
Je ressitue le contexte: jeudi 12 mars 2009 à 16h 30mn ont eu lieu trois conférences de 20 minutes chacune portant successivement sur Commynes et l'Europe, Auguste et les médias (l'empereur, pas le clown! king ) et enfin les historiens et la justice.
En voici maintenant le contenu: (bonne lecture! study )
Conférence du jeudi 12 mars 2009


Intervention de Monsieur Blanchard : Commynes et l’Europe.


Le Moyen âge s’étend sur 10 siècles, du 5ème au 15ème siècle. Pendant toute cette période, l’élément identitaire est la chrétienté. On est chrétien avant toute autre appartenance à une communauté. Mais à la fin du Moyen âge, vers les 14ème - 15ème siècles, on assiste à l’émergence de l’Europe. Bien sûr, ce n’est pas encore l’Europe telle qu’on la connaît aujourd’hui, loin de là.
A partir du 14ème siècle, commence l’émergence des états-nation, c'est-à-dire des gouvernements avec des structures étatiques. Dans le cadre de ces états-nation apparaissent des relations inter états : c’est le début de la diplomatie. Et Philippe de Commynes est une des grandes figures de cette diplomatie naissante.


I / Le développement des pratiques diplomatiques.

La diplomatie commence en Italie avec la création des ambassadeurs résidents permanents. Cette pratique prend naissance avec la papauté et les cités-état d’Italie. Parmi ces cités, Venise est la première à avoir instauré cette pratique.
Ces ambassadeurs résidents permanents étaient là pour observer et pour renseigner leurs gouvernements respectifs sur ce qui se passait dans le pays où ils étaient résidents. Ils envoyaient des dépêches qui constituent aujourd’hui un recueil très intéressant car elles sont des sources d’information sur les manières de vivre, de s’habiller, de parler des différents pays d’Europe à cette époque. En effet, il se passait un phénomène d’acculturation car les ambassadeurs résident permanent apprenaient la langue, la parlaient couramment, s’habillaient comme les habitants du pays, etc.
Les fonds d’archives de dépêches d’Italie sont les mieux conservés. Ils constituent un trésor culturel dont certains sont encore inédits.


II / Les valeurs de la diplomatie (entretenir la paix).

Le développement de la diplomatie correspond à une volonté de préserver les états de toute action guerrière. L’envoi de diplomates empêche la rencontre des princes qui risqueraient de ne pas s’entendre. Les ambassadeurs servent de médiation pour tisser des liens de paix entre les états.
La diplomatie prend son essor à la fin de la guerre de cent ans après laquelle on a estimé qu’il y avait nécessité d’avoir des ambassadeurs.
Une des vérités développées dans les Mémoires de Philippe de Commynes est que les princes ne doivent pas se rencontrer car ils risquent de ne pas s’entendre à cause de différences culturelles sources d’envies ou de querelles. Le but de la diplomatie est d’empêcher ces différents qui sont source de guerre.
Au départ les diplomates sont des hommes d’action, mais peu à peu ils deviennent des professionnels et la diplomatie devient un art et une science qui entre dans la construction de l’état moderne.


III / Philippe de Commynes et la naissance des Mémoires.

Philippe de Commynes (1445 – 1511) a fait beaucoup d’ambassades diplomatiques (à Florence et à Venise notamment. Il les décrit longuement dans ses Mémoires. )
Le genre des mémoires est né de cette pratique diplomatique. Il y a une grande correspondance entre les dépêches de ambassadeurs et les Mémoires. Les Mémoires sont très diversifiés : Commynes a connu tous les princes de l’Europe. Il est d’ailleurs le premier à utiliser le terme Europe en français. Tous les autres chroniqueurs utilisent le terme de Chrétienté.
Commynes mêle les regards croisés de tous les peuples européens. Il est le premier à faire une espèce de comparatisme ou relativisme historique. On assiste à une comparaison des peuples dans les Mémoires. Ce regard critique qu’apporte le diplomate est humaniste, neuf, très Renaissance. C’est pourquoi il devient une grande figure de l’histoire et de la littérature.

La diplomatie concerne aussi l’Europe de la finance. En effet, les relais par lesquels passait la diplomatie étaient les banques. Les représentants les plus importants de l’époque sont les Médicis. La diplomatie passe par le canal bancaire.


Conclusion :

L’émergence de l’Europe est un des grands faits politiques de cette histoire occidentale de la fin du Moyen âge.


La suite au prochain numéro! (L'ensemble dépassait la limite autorisée. Attention, ça plaisante pas! pale )

Kitty
Petit parleur

Nombre de messages: 7
Age: 34
année du cycle :: L3
Bonbon préféré ?: fraises tagata
Date d'inscription: 10/11/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Conférence bis

Message  Kitty le Dim 29 Mar - 18:39

Voici la suite de mon compte-rendu:

Intervention d’une professeure d’histoire :
Auguste et les médias


Le but de cette intervention est de regarder l’Antiquité avec le recul des connaissances présentes ; mais aussi, d’éclairer l’actualité à la lumière des pratiques de l’Antiquité.
En effet, les relations entre le pouvoir politique et les médias sont un fait d’actualité. Le pouvoir actuel envahit les canaux médiatiques. Au premier rang des médias se place la télévision. L’image accompagne, humanise et complète le discours politique. La politique veut occuper le terrain. Le plus, l’image semble de plus en plus prendre le pas sur le discours politique. Elle influe ainsi sur les comportements et les modes de pensée. On a le sentiment d’une parole délivrée et relayée par les ministres de manière unique (avec les mêmes mots-clés que ceux employés par le président). Cette évolution dans l’utilisation des médias agit sur l’évolution des modes de pensée.

Dans l’Antiquité, l’image avait déjà une place prépondérante pour véhiculer un discours. Il existait différents vecteurs d’information, et donc de discours. Par exemples : la monnaie et la statuaire. Les pièces de monnaie circulent très largement à Rome, dans les provinces et tous les territoires contrôlés par les romains. Les statues, quant à elles, traduisent les valeurs de la société ou de l’individu qui commande l’œuvre.

Auguste est le créateur du Principat (la dignité de prince) et le premier empereur. Il est aussi le premier à avoir compris le rôle des images. Il est vrai que sous la république de Rome, les images étaient largement utilisées pour afficher des ambitions politiques, même jusqu’à César, mais dans ce contexte la concurrence était possible et aucun consul n’était allé aussi loin qu’Auguste. Avec lui, le rapport aux images va changer.
Rappel : Il mène une guerre de dix ans contre Pompée puis contre Marc Antoine après laquelle il se retrouve seul au pouvoir.
Alors, il fait de l’usage des images un art consommé. Il crée des images de propagande au service d’une politique mais aussi qui modifient en profondeur les façons de penser et d’accepter le pouvoir. Ces images permettent de faire accepter le nouveau pouvoir comme étant le meilleur possible.

Les monnaies : Ce sont tout d’abord les médias privilégiés des imperatores (piliers politiques essentiels à la fin de la république de Rome. Quelques exemples sont montrés en image :
Un denier de Sylla, 86 avant J.C. C’est une monnaie d’or avec d’un côté le visage de Sylla et de l’autre une divinité.
Un denier de César, 46 avant J.C. Elle se présente de la même façon que le denier de Sylla.
Un denier de César, 44 avant J.C. Cette fois, il a obtenu de figurer sur les deux faces, donc aussi à la place où se tient ordinairement la divinité. Il a donc été quasiment divinisé comme un empereur. Cependant, il n’a jamais été empereur.
Un sesterce de César et Octave, 38 avant J.C. Sur l’une des faces est représenté Octave et sur l’autre César. Donc Octave se fait représenter comme le fils de César. Il est à la fois vengeur et gouverneur.
A cette même époque, la statuaire qui le représente montre un visage émacié de jeune ambitieux engagé dans la lutte.
Sur les monnaies émises au moment de la lutte contre Antoine, Octave est représenté successivement avec Vénus (sur la face réservée aux divinités), la (déesse de la) Victoire, puis la (déesse de la) Paix. Ces monnaies sont représentatives du type de gouvernement qu’il compte mettre en place. A travers elles, son programme politique bénéficie de l’aura divine de la mère de César (Il se disait fils de Vénus) qui va permettre la victoire (représentée par la déesse du même nom) puis la paix (même représentation). C’est ainsi qu’Octave (qui va devenir Auguste) compte mettre en place l’Empire.

Dix ans après sa reconnaissance comme Prince et la fin de la guerre civile, Octave-Auguste crée le mythe de l’Etat et développe une statue officielle. C’est le portrait d’un souverain apaisé, calme, détendu, d’un général vainqueur avec une corne d’abondance (symbole de prospérité) et un petit Eros à ses côtés qui rappelle Vénus.
Ce nouveau message est aussi relayé par les portraits officiels de l’empereur (en buste) qui déclinent la statue officielle dans tous les édifices publics des provinces et par les monnaies qui portent sur une des faces le capricorne, signe astrologique de la naissance d’Auguste.

Lien avec l’actualité : Que penser de la photographie officielle du président de la république ? L’élégance du costume, la montre de prix, la posture du président lui-même : tout cela n’est pas fait par hasard. Ce portrait véhicule une image et un discours…

Retournons à Auguste : Vingt ans après la fondation du principat, il prépare sa succession. (Remarque : Notons la longévité de son règne. Il meurt à 7 ans et demeure au pouvoir pendant 50 ans.) Il associe donc ses fils adoptifs au pouvoir et fait construire l’autel de la paix (offert par le sénat).
C’est un édifice monumental sur lequel il a fait graver des images symboliques : la paix et la prospérité sont signifiées par une végétation luxuriante. Elles montrent l’épanouissement de la paix annoncée et développée par Auguste. Mais la paix est associée non seulement à Auguste mais aussi à sa famille : Agrippa et ses enfants. Donc il annonce, grâce à cet autel, l’évolution dynastique du principat.
A côté de l’autel est un cadran solaire monumental dont l’aiguille est une obélisque ramenée d’Egypte dont l’ombre tombe sur le milieu de l’autel le jour anniversaire de la naissance d’Auguste (le 23 septembre). Ainsi ce jour annonce une nouvelle ère : celle de l’empire et de la prospérité.
En outre, Auguste fait construire un nouveau forum dans lequel il procède à une réécriture de l’histoire de Rome. Ce sont de nouveau des espaces monumentaux qui entourent un temple dédié à Mars. Ce qui est intéressant dans ce forum, ce sont les statues des portiques. Avec ces statues, il fait se rejoindre le destin de Rome avec celui de la famille julienne (La famille de Caius Julius Caesar). Il fait un lien entre la galerie privée et la galerie publique comme si l’histoire de Rome n’avait existé que pour amener la famille julienne au pouvoir. C’est comme un musée mais de l’histoire de Rome réécrite.

Lien avec l’actualité : annonce par le président de la république de la création d’un nouveau musée de l’histoire de France. (S’appète-t-il à réécrire l’histoire de France ?)

Conclusion : Pour Auguste, cet ensemble d’utilisation des médias a permis l’acceptation d’un nouveau pouvoir de type monarchique. Que penser de l’actualité au regard des indices que nous donne l’Antiquité ?


Intervention d’un maître de conférence en histoire :
Les historiens et la justice


Il nous livre en vrac diverses pistes de réflexion sur la légitimité éthique de certains rapports entre les historiens et la justice.

Quelques rappels :
Les musées d’histoire de France :
Le premier musée a été ouvert à Versailles par Louis-Philippe afin de ressouder l’ancien régime et la Révolution.
Le deuxième, ce sont les archives. ( ?)
Le troisième est celui voulu par le gouvernement actuel. Il s’appellerait « musée de l’histoire civile et militaire ».
Un historien se définit par :
Un diplôme
Une méthode de travail (principalement critique).

Le problème de la justice, c’est qu’elle fonde son jugement non sur un diplôme mais sur une méthode de travail qui n’est pas forcément celle de l’historien.
Les principaux rapports entre l’histoire et la justice en France et en Europe concernent les problèmes de la collaboration et le négationnisme. Les historiens interviennent au prétoire pour reconstituer le contexte.
L’historien comme spécialiste judiciaire a une grange ampleur aux Etats Unis et au Canada. Il existe diverses sous disciplines de l’histoire : par exemple aux Etats-Unis, il y a la « public history » dont les conservateurs de musée et les animateurs du patrimoine. Ce sont des disciplines d’histoire appliquée. Au Canada, il y a la recherche-action.
Ce sont des médiateurs entre les institutions (l’académie) et le public (la société civile).

En 1937, le groupe X-crise (des élèves de polytechnique) a posé cette question à March Bloch : « Que demander à l’histoire ? »

Il y a 110 000 diplômés en sciences sociales aux USA. Donc il a été créé des cabinets de consultants en sciences humaines. Que font-ils ?
Ils font des activités de base comme écrire l’histoire d’une entreprise, par exemple. (Ce qui existe aussi en France).
Ils font l’histoire de la santé dans la perspective de procès que des gens pourraient poser contre des laboratoires ou des pharmacies. (On voit déjà se profiler des problèmes d’éthique, là !)
Heureusement il y a d’autres activités plus neutres pour réveiller, réactualiser l’histoire du patrimoine. Ainsi au Canada, il y a des animations du patrimoine dans des églises à visiter.

Comme on l’a vu avec l’histoire de la santé, la pratique de l’histoire devant la justice pose des problèmes d’éthique, car c’est mettre le savoir historique au service de groupuscules non neutres.
Un exemple Canadien : le problème des peuples autochtones. Quels droits sont accordés aux natifs amérindiens ? L’affaire Georges Sioui montre les dérives possibles. Georges Sioui, professeur à l’université d’Ottawa a été condamné pour avoir campé en dehors de la réserve indienne. C’est un Huron, ethnie très métissée avec les français au 16e et au 17e siècles. En appel, la cour accepte la photocopie d’un sauf-conduit de 1760 qui accorde un certain nombre de droits à sa tribu, le considérant comme un traité alors qu’il s’agit juste d’une sorte de « passeport » de l’époque. Georges Sioui a fait témoigner des historiens en son sens. L’affaire ayant lieu au Québec, francophone, et la cour suprême étant formée principalement d’anglophones, la cour a posé le verdict le plus embêtant pour les Québécois.
On voit bien qu’il y a besoin d’historiens pour recréer le contexte, vérifier l’identité de la tribu et expertiser le document. Mais se pose le problème de la légitimité des expertises techniques. En effet, la défense ou l’accusation voudra cacher une partie de la vérité si elle est défavorable. Dans le cadre de défense ou de réclamation des droits, les historiens sont appelés à développer uniquement les arguments en faveur de la partie civile ou de la défense. Donc cela pose le problème de l’éthique historique car une telle façon de procéder occulte une partie du travail de l’historien. C’est contradictoire avec la démarche historique qui doit être approfondie. Comment, après avoir témoigner dans un sens au cours d’un procès, présenter en livre le produit fini de ses recherches où seront développés avec les arguments du procès, des points qui leurs seront contradictoires. L’Histoire se veut objective et nuancera le contexte, tandis que la plaidoirie d’un procès mettra en avant ce qui arrange sa partie et taira ce qui ne lui convient pas.

Se pose aussi des problèmes d’éthique dans les expositions muséographiques. Comment faire l’équilibre entre une volonté universalisante et les revendications des groupes locaux, qui peuvent être tout à fait légitimes. Par exemple, que faire des objets de certaines religions qui seraient les uns réservés aux femmes et les autres aux hommes. Comment respecter les croyances tout en permettant à ceux qui ne les partagent pas de les découvrir ?

Autant de questions que se posent les historiens et qui demandent encore à être résolues…

Voilà, voilà. j'espère que ça vous a plu. Un peu de culture, ça peut pas faire de mal! cat

Kitty, qui vous chat-lue bien! cat

Kitty
Petit parleur

Nombre de messages: 7
Age: 34
année du cycle :: L3
Bonbon préféré ?: fraises tagata
Date d'inscription: 10/11/2008

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum